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Rotary Club of Port Louis

Right Reverend Ian Ernest, Bishop of Mauritius, address to the club on the 14 January 2004

Mesdames, Messieurs, Distingués invités,

Merci pour le privilège qui m’est donné ce matin à vous partager mes réflexions personnelles sur le rôle et la responsabilité du mauricien à participer à la construction d’une vraie communauté où la diversité du Mauricien soit reconnue et acceptée.

L’avenir de la République de Maurice se fait par les Mauriciens et pour les Mauriciens. Il faut qu’on ait chez nous la volonté de partager une même Communauté de destin. C’est d’une logique que rien ne peut arrêter parce que la majorité des hommes et des femmes qui vivent à Maurice sont nés à Maurice et vivront à Maurice. Avec les contraintes et les possibilités que nous offrent notre histoire, il nous faut dans cette volonté de forger une destinée commune inscrire au milieu de la solidarité nationale – une solidarité culturelle et religieuse.

Loin de s’opposer et de s’exclure, les cultures doivent s’accorder pour le devenir humain de cette communauté de destin de la Nation Mauricienne.

Que sera la communauté – Maurice à l’aube de ce 3ème millénaire ? Ce qui est important c’est de créer le maximum de chances pour une économie qui répond efficacement aux besoins de chaque mauricien. Il faut qu’on se serre les coudes à tous les niveaux dans la production et le partage des richesses – et il faut que la personne humaine soit placée au centre.

En tant que personnes travaillant dans le social, il nous faut être profondément imprégné de cette idée. Notre bien social ne se résume pas dans la défense des acquis de la société. Notre bien commun doit être l’ensemble des conditions matérielles et spirituelles qui donnent à notre communauté mauricienne la possibilité d’un épanouissement harmonieux des groupes et des personnes qui la constituent. Le Bien commun appartient à tout et aux parties en même temps.

Le fonctionnement de nos institutions, l’action des partenaires socio-économiques et culturels, la mission des responsables religieux doivent normalement avoir comme objectif le développement de cette évolution harmonieuse de notre société.

Nous mauriciens, nous aimons si tant notre pays que je crois que nous sommes capables, d’inventer un nouvel avenir, par des sacrifices et du courage –
Ce nouvel avenir ne peut être construit par des slogans ou des actions ponctuelles qui ne sont que des procédés stériles. L’unité repose sur un constant dialogue entre la communauté et la nation, entre ce qui est importé et ce qui s’est construit ici, entre l’ancien et le nouveau, entre les continents qui nous habitent et le pays que nous habitons et entre ce qui nous est spécifique et l’Universel.

Le terme « Unité Nationale » est aujourd’hui dépassé – il est devenu parmi d’autres termes que des « clichés » qui n’attirent plus - il faut qu’on le dynamise pour qu’il soit réalité dans nos vies. Dès le début de mon intervention je ne cesse d’utiliser le mot « communauté » - En recherchant l’Unité – c’est une communauté que nous bâtissons. Mais à Maurice, nous avons une certaine perception de ce qu’est la communauté – elle est très souvent négative. Nous sommes nés dans ce pays et nous sommes appelés non à définir l’espace d’un groupe mais bien à construire en une communauté tous les groupes qui la constituent. Rien ne tombe du ciel. Nous avons la responsabilité, en tant que citoyens, de forger cette destinée mauricienne ; il nous faut re-organiser cette société – construire ou reconstruire les valeurs. Nous n’avons que 2 siècles d’existence.

De notre héritage nous avons certains piliers qui demandent à être renforcés. Un nouveau monde, une nouvelle nation s’ installent. Ainsi nous avons des défis à assumer. Alors allons plus loin dans notre réflexion ce matin. Nos enfants quelque soit leur appartenance culturelle ou religieuse jouent ensemble dans la cour de l’école. Pour eux, être unis est quelque chose de très simple, de sincère et de pur. Mais pour nous Leaders de la Société s’exprimer sur ce concept qu’est l’Unité devient tâche complexe et difficile.

Comment expliquer cette différence ?

Comme l’enfant qui grandit, le concept même de l’Unité nationale se développe. Il prend de multiples formes, et il projette un visage différent sous des angles différents. Il est comme l’Arc-en-ciel insaisissable.
Mais quand vous le contemplez, l’Arc-en-ciel - il resplendit – il est tout simplement beau. Ainsi, la construction d’une Communauté harmonieuse doit être faite avec un cœur qui soit imprégné d’un esprit de service, de sincérité et de bonté.

Si nous servons notre pays avec intégrité, il sera le premier pas vers cette unité recherchée. L’Unité se développe dans le service et la compréhension et il accorde de la dignité à nos frères et sœurs qui partagent notre quotidien. Cette vie commune, cette destinée commune que nous voulons partager doit être nourrie par la vérité et les principes. Elle est fortifiée si nous maîtrisons nos différences et que nous arrivions à travailler ensemble. Combien vrai sont les mots de Ralph EMERSON « Rien ne peut vous apporter une vie harmonieuse que vous même »

Comme vous qui êtes là ce matin, je m’aime, j’aime ma famille, ma ville et mon pays – mais j’aurai à progressivement aller au delà de ces choses. Si je veux découvrir ce que c’est que l’Unité, je dois ouvrir mon cœur aux autres. Mahatma Gandhi suite à un voyage en Angleterre fit ces commentaires :

« Je ne suis pas conscient d’une seule expérience durant mon voyage en Europe qui me fit sentir que l’Orient est l’Orient, l’Occident est l’Occident. Au contraire, je suis convaincu que la nature humaine ne change pas – si vous vous approchez de l’autre avec confiance et affection, vous aurez en retour des dizaines de marques de confiance et d’affection. »

Nous sommes toujours à un tournant de l’histoire et notre réflexion ne doit pas se tourner vers un concept mais sur la personne humaine vivante à Maurice.

Les faiblesses de notre société deviendront nos forces car ce sont là que nous retrouvons le sens de l’Unité et du Service. La place de l’enfant, de l’exclus et de la femme sont aujourd’hui d’ordre prioritaire. Ce sont là des possibilités qui nous ouvrent à des actions concrètes favorisant cet aspect de solidarité qui nous mènent à un esprit d’Unité.

Pour cultiver les notions d’une communauté harmonieuse, il ne faut pas qu’on devienne une société qui imite les autres. Nous cherchons toujours à adopter des choses qui sont d’ailleurs. Soyons courageux de puiser nos richesses d’ici. Notre maison est Maurice – notre pays d’origine c’est Maurice. Ainsi, il nous faut regarder en face les réalités de notre destinée – la diversité présente est une force qui devient éloquente dans tout développement.

Pour qu’il y ait une culture imprégnée d’Unité, il faut que nous nous laissions exposer aux situations et aux réalités qui sont différentes des nôtres. Les procédés ne doivent pas être que pro actifs c’est à dire formation, colloque, éducation, campagne de sensibilisation. Il nous faut aussi construire une nouvelle mentalité qui soit respectueuse de la Loi du pays.

Informer c’est bon – Respecter c’est mieux.

Pour qu’il y ait respect, il nous faut insister sur des lois qui seront pour nous des garanties que la société est libre de tout préjugés.

Nous, Mauriciens, sommes très hospitaliers mais très peu enclins à respecter les lois qui sont là pour nous protéger. Ainsi, toutes les Forces Vives du pays doivent être courageuses pour que nous militions pour une société respectueuse de la Loi.

Ainsi, le jour que ces Lois seront appliquées avec force – notre communauté s’épanouira et nous nous sentirons à cette heure-là vraiment Mauricien et fier de l’être.

Etre en communauté, c’est d’être capable de mettre en commun tout ce que nous possédons pour le bien-être de tout un chacun.